Poemes

Je le crois.
Quelque chose s’éveille,
une infime prise de conscience
dans tout mon corps.
Pas encore une caresse,
seulement la plénitude de l’instant,
un lent rapprochement.

Suis-je là – ou pas ?
Dans le mouvement
je deviens unique.
Pourquoi faudrait-il donner corps ?
Pour qui ? Pour quoi ?

Si je reste dans le silence,
je ne peux voir que moi-même,
telle que l’instant me façonne.

Un regard curieux,
un sourire,
une main étonnée
caresse la surface lisse.

Laisse naître !
L’espace s’ouvre et tourne,
et la porcelaine cesse d’être porcelaine.

Comprends-tu ?
La maison brûle,
mais trouve un abri.
Ce qui demeure
franchit le seuil de l’infini.

Les murs s’effondrent,
les choses se changent en cendre,
les apparences s’effacent.

Alors le cœur s’ouvre,
et ce qui reste
c’est l’essence,
en moi et tout autour.

M’as-tu aimé ?
Peu importe.
Il reste la trace d’un corps,
d’un été
qui s’est enfui
mais a laissé une empreinte.

À présent,
le ciel prend sa place.
Le véritable amour
vient avec des ailes,
il écoute son propre rythme,
fait danser l’âme
et l’emporte
vers le bleu de l’éternité.

Ouvre ton cœur.
Fais-lui une place.
Sois belle – de corps et d’âme.
Ouvre tes yeux avec un sourire,
que ta faim
soit toujours tournée vers la nouveauté et la pureté.

Renouvellement,
acceptation de soi.
Et tout ira
comme Dieu voudra.

I believe.
Something awakens,
a tiny awareness
through my whole being.
Not yet a touch,
only the fullness of the moment,
a slow approach.

Am I here – or not?
In the motion
I become unique.
Why should it take form?
For whom? For what?

If I remain in silence,
I can see only myself,
shaped by the present instant.

A curious gaze,
a smile,
a wondering hand
touches the smooth surface.

Let it be born!
Space opens, turns,
and porcelain is no longer porcelain.

Do you see?
The house has burned,
yet it has found a home.
What remains
steps onto the threshold of infinity.

Walls collapse,
objects turn to ashes,
all appearance falls away.

And then the heart opens,
and what is left
is essence itself,
within me and around me.

Did you love me?
It matters little.
What remains is a trace of flesh,
of a summer
that slipped away
but left a mark.

Now the sky
takes its place.
True love
comes with wings,
listens to its own rhythm,
makes the soul dance,
and carries it
toward the blue of eternity.

Open your heart.
Make room for it.
Be beautiful – in body and soul.
Open your eyes with a smile,
let your hunger
be for what is new and pure.

Renewal,
self-acceptance.
And all will be
as God wills.